La
fonction de l'enluminure | L'iconographie | Les étapes
de réalisation | Les encres | L'Or | La
préparation des pigments
| La fonction
de l'enluminure |
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Les termes enluminure et miniature désignent
tous les motifs, personnages, scènes peintes dans
un manuscrit. Le terme enluminure vient du latin illuminare qui
signifie embellir, mettre en lumière, éclairer
tandis que miniature vient du latin minium qui désigne
la couleur rouge obtenue soit par la cuisson de la céruse
soit par le broyage du cinabre.
L’image a un rôle didactique. Inspirée
par le texte qu’elle illustre, elle en facilite la
compréhension. L’image explique visuellement
le texte. Elle permet également de faire ressortir
les articulations du texte et de guider ainsi le lecteur.
Il existe trois éléments de décoration
: l’initiale, la bordure et les illustrations dites « pleine
page ». Le décor est soumis a une hiérarchie
qui correspond a celle du texte (livre, chapitre, paragraphe).
Dans ces hiérarchies, la peinture prime sur le dessin;
les métaux sur les couleurs; l’image sur l’ornement.
Une initiale plus grande guide vers une partie du texte
plus importante.
Voici l’ordre hiérarchique selon lequel les
initiales s’organisent :
Les initiales peintes sont au sommet de
la hiérarchie:
- Les initiales comportants une scène ou un personnage:
- L’initiale historiée :
le corps de la lettre sert de cadre a une scène
- L’initiale figurée :
le corps de la lettre est formé par des personnages
ou des animaux
- L’initiale habitée,
dont le corps formé de végétaux
devient le support de la scène représentée.
- Les initiales ornées sont décorées
de motifs géométriques ou végétaux.
Puis l’initiale de couleur réalisée
avec différentes couleurs et parfois rehaussée
de petits motifs. Elle n’est pas réalisée
avec une peinture couvrante, mais elle n’a pas la
transparence de l’encre.
Puis l’initiale puzzle à filigrane le
cadre de la lettre est découpé comme un puzzle
peint de deux couleurs et entourée de motifs exécutés à la
plume(filigrane).
Les lettrines réalisées à l’encre
Simple lettre capitale exécutée à l’encre,
rouge le plus souvent.
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L’enlumineur
a peu de liberté quant à l’exécution
des scènes. L’iconographie des manuscrits
fait appel à de nombreuses conventions connues des
enlumineurs comme des lecteurs. L’artiste doit tenir
compte de la symbolique des gestes et des attitudes.
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Le commanditaire
de l’ouvrage peut donner également des instructions
pour l’exécution du travail précisant
par exemple des couleurs ou des détails. Dans les
marges sont parfois notées à la mine de plomb
des instructions concernant la couleur ou la lettre à peindre.
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| La réalisation d’une enluminure |
A partir du IXème
siècle se développent des écoles d’enluminure
qui laissent des documents destinés à enseigner
cet art tels que la Mappae clavicula ("petite
clef des tours de mains"), Traité du moine
Théophile : De diversis artibus XIIème
siècle, Cennino Cennini : Il libro dell’arte.
On y trouve des conseils théoriques et pratiques
sur la technique de l’enluminure mais aussi les ingrédients
et les préparations nécessaires à la
réalisation des peintures.
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| Les étapes
de réalisation |
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- dessin a la mine de plomb et rehaussé a l’encre
- pose du mordant ou de l’assiette
- pose de la feuille d’or libre
- pose des aplats
- travail des aplats
- travail des parties du corps visibles
- cernage en noir
- réhaut de blanc
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Les encres
naturelles sont connues depuis l’antiquité comme
l’encre de seiche (sépia).
Les encres au carbone sont fabriquées avec
un produit calciné réduit en poudre (noyau
de pêche, sarments de vigne) ou du noir de fumé mélangé avec
un liant : résine d’arbre,
miel ou blanc d’œuf.
Les encres métalliques s’obtiennent
en mélangeant des tannins végétaux
avec du vitriol(sulfate de fer).
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On
utilise principalement le tannin obtenu par la macération
des noix de galle (photo). Ce sont les
encres métallo-gallique. Elles ont la caractéristique
de foncer à l’air.
Les encres de couleurs sont obtenues en mélangeant
le pigment de la couleur désirée ; minium
de plomb, cinabre (rouge), lapis-lazuli (bleu) et malachite
(vert) avec de l’eau et un liant.
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Après
avoir tracé le dessin à la mine de plomb
et l’avoir rehaussé à l’encre,
l’enlumineur commence par poser le mordant ou l’assiette
destiné à recevoir la feuille d’or.
Le mordant est l’apprêt collant mis sur toutes
les parties destinées à être doré.
Cet apprêt peut être composé de gomme
ammoniaque, de blanc d’œuf, de colle de poisson
ou de jus d’ail. Cette technique permet les dorures à plat.
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Pour obtenir
une dorure en relief et étincelante, l’or
est posé sur une assiette : mélange de bol
d’Arménie (argile rouge très fine)
, de miel et de colle.Elle se pose en relief et après
son séchage complet, il convient de la polir afin
de la rendre parfaitement lisse et brillante. L’or
adhère sur cette assiette en exerçant une
pression à l’aide d’une agate. L’or
peut être ensuite bruni avec une agate, ou une dent
de chien.
Seul l’or en poudre mêlé à de
la gomme arabique peut être appliqué après
la peinture.
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| La
préparation des pigments |
Les couleurs de l’enlumineur proviennent du monde
minéral, végétal et animal.
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les couleurs
minérales sont les couleurs les plus
stables. On distingue plusieurs origines: les ocres jaune
et rouge, les terres (vertes, brunes ou noires), les
minéraux réduits en poudre cinabre (sulfure
de mercure), réalgar (disulfide d’arsenic),
orpiment (trisulfure d’arsenic), malachite, lapis
lazuli et azurite et l’oxydation des métaux
: céruse (oxyde de plomb), en chauffant la céruse
on obtient le minium, le vert de gris (oxydation du cuivre).
Les métaux sont oxyde avec de l’urine, du
vinaigre ou du marc de raisin. Ces pigments sont conservés
en poudre ou mélangés à la détrempe
et conservés dans des coquilles.

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Les couleurs
végétales extraites par macération,
décoction ou fermentation ont besoin d’être
stabilisées. Elles sont conservées sur
des piécettes de lin imprégnées
d’alun (sel métallique) ou précipitées
sous forme de laque : bois Brésil (écorce),
vert d’iris, safran,curcuma ,genêt des teinturiers,
gaude, nerprun (photo), indigo, pastel, garance, sang
de dragon. Les végétaux calcinés
donnent des pigments noirs.
Les couleurs animales
Les recettes pour fabriquer la pourpre à partir
de coquillages sont perdues dès le haut moyen âge.
La matière colorante d'origine animale est le kermès
appelé aussi " graine ". Le pigment rouge
provient du corps desséché d'un insecte parasite
d'un chêne du bassin méditerranéen.
On obtient également un colorant rouge identique
au kermès avec la cochenille (photo) de Pologne
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Qu’elles
que soient leurs origines, les pigments se travaillent à l’aide
d’une détrempe. La détrempe
est l’amalgame de plusieurs corps permettant au pigment
de s’agglomérer et d’adhérer
au parchemin. Elle se compose d’un liant : l’œuf
et principalement le blanc d’œuf en enluminure.
Le blanc d’œuf est rompu à l’éponge
pour lui faire perdre sa viscosité, et on y ajoute
des clous de girofle pour le conserver. Il sert a agglomérer
le pigment en poudre. La gomme arabique est le liant le
plus répandu et permet à la peinture d’adhérer
sur le support. Enfin le miel apporte de la souplesse à la
matière.
L’enlumineur
doit broyer ses pigments avec la détrempe.
Cette opération est primordiale car d’elle
dépend la bonne tenue de la peinture. Le broyage
s’effectue sur une plaque de pierre très dure
(porphyre ou granite) à l’aide d’une molette (photo).
Il permet à la fois d’affiner le grain du
pigment et d’agglomérer ses grains au liant.
Une fois sèche, la préparation s’utilise
comme de la gouache : c’est une peinture à l’eau.
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Outre les outils
d’écriture, l’enlumineur dispose de
pinceaux très fins en poils de marte et d’écureuil
enchâssés dans un manche de bois. L’enlumineur
ne mélange jamais les couleurs entres elles. Certaines
sont d’ailleurs incompatibles comme les pigments à base
de souffre et ceux à base de plomb. Il peut seulement éclaircir
ses couleurs en ajoutant de la céruse. Il peint
en superposant de fines couches de couleur jusqu’à la
l’intensité souhaitée. Il varie les
nuances en jouant sur la granulométrie du pigment.
En effet plus un pigment est broyé fin plus il s’éclaircit.
En changeant la nature du liant il obtient des effets picturaux
différents. A partir du XVème siècle,
en gardant la même palette de couleurs, il obtient
de nouvelles teintes en jouant sur les effets de transparence
grâce à la superposition de voiles de nature
différentes.
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